writer's block / angoisse de la page blanche

Publié le par miss link

I have identified something important today: the solution to writer's block is to write.
The solution to fear is to do it anyway. I already knew that in my head. Now I have experienced  it. And it feels great.
The fear is not quite of the blank page. Writer's block is more subtle than a mere lack of inspiration.
It is about the essence of writing. About the why. It touches our deepest fears. Our fears of being rejected, abandoned, not loved, not good enough. Writer's block  is paralysis.
Inspiration will come as we start writing. Even if what we write is really bad, we are already winning if we are writing.
The cure of writer's block is to write. Anything, everything, pour words onto the page, in any order if needs be. We don't even need to make sense.  Just the hand movement is the answer.
That's why it makes no sense to talk to people when we experience that state of anguish. Because no logical argument or explanation can help. Because writer's block is not in our head only, it is also in our body. Because the only way to moove forward is to write.
I have been experiencing writer's block to some degree all week. I haven't managed to write properly all week. I found plenty of excuses, explanations, reasons. Until it reached breaking point today.
Where the physical discomfort became too acute to ignore and bypass with reason.
Today I knew I had to listen. So I am writing. It doesn't matter what. What matters is hand on paper, running, not stopping. It feels so much better. Relief washes over my tensed body in a wave. Thank God.



Il est déjà 10h. Ca fait trois heures que je suis réveillée. J'ai l'impression tour à tour d'avoir déjà fait un million de choses, ou de n'avoir rien fait du tout. Les deux sont vrais, certainement. Une chose est sûre, je n'ai pas écrit.
Et là je me pose devant l'ordinateur et ouvre open office writer. Firefox est ouvert aussi en arrière plan. Un clic, et déjà je suis sur facebook. Pas de nouvelles depuis la dernière fois que j'ai regardé. Ce qui est mauvais signe en soi... J'en profite pour vérifier les anniversaires et en souhaiter un ou deux au passage.
11h. Toujours pas écrit. J'ai tweeté, vérifié mes mails compulsivement une douzaine de fois au moins. Ca y est, je sais que le cercle vicieux est enclenché.
Je me lève, mets de l'eau à chauffer. Un bon thé, et je me mets à écrire, en manuel sur mon carnet cette fois. C'est ce que je me dis. Mais avant il faut que je libère l'espace sur ma table. C'est un peu le chaos, là. Bon ben je vais commencer par ça. Ranger les papiers. Les classer aussi tant qu'à faire. Ce qui me donne l'occasion de voir les moutons de poussière sous la table. Faut absolument passer un coup de balai avant toute chose.
Il est 12h 30. J'ai faim. Je regarde dans le frigo ce que je peux cuisiner. Ah il faut aller chercher du pain.
13h30. J'ai fini de manger. Un café et je m'y mets, promis.
Il est 14h et là ça commence en vrai. L'angoisse de la page blanche comme on l'appelle.
La panique qui me prend au ventre et ne me lâche plus. J'ai du mal à penser. J'ai envie d'appeler au secours. Qu'on me sorte de moi!!
J'ai un noeud dans la gorge, j'arrive à peine à avaler ma salive. Je suis assise devant l'ordinateur, à regarder l'écran les yeux vides. Rien n'a de sens. Je ne pense pas à quoi écrire. Je ne pense pas à écrire. Je ne pense pas en fait.
Mon corps s'est transformé en boule d'anxiété. Je ne suis que panique.
Comme un mur insurmontable devant moi. Le mur est si proche que je pourrais le toucher. Je ne sais pas à quoi il correspond, ce qu'il veut dire, à quoi il sert. Il est là, devant mes yeux, trop proche pour être analysé ou identifié. Je n'ai envie de rien. Pas même de rien faire. Plus rien ne bouge en moi. Je suis stagnation. Je ne respire plus.
J'aimerais m'enfuir mais toute tentative d'échapper à tout ça m'enfonce plus profondément.
Mais j'ai appris quelque chose aujourd'hui. Je l'ai senti profondément. La solution c'est d'écrire. N'importe quoi on s'en fout. Juste écrire!
C'est comme dans les rêves. Quand on rêve que quelque chose ou quelqu'un nous poursuit et on essaie de toutes nos forces de nous échapper, eh bien en fait ce quelque chose qu'on fuit, c'est ce qu'il faut qu'on regarde en face. C'est ce qu'il nous faut affronter. Pareil là.
La solution de l'angoisse de l'écrivain (ou de l'artiste d'ailleurs), c'est d'écrire. De créer. De rentrer dans le mouvement. Le flux de la main sur le papier (ça a l'air de mieux marcher pour moi que celui des doigts sur le clavier).
Et c'est tout.
Ca passe.
Ouf.

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