Writer / Ecrivain

Publié le par miss link

There is a tray on the table. On it, the paper of a chocolate chip muffin, an unopened dose of powdered suga, a plastic stirer and a folded paper napkin. On the table next to the tray, a papercup with some black coffee in it.
He grabs the cup from time to time and drinks a sip of coffee without looking at it. He is crouched on the table, his head on one hand, the other hand with a pen running on a notebook.
He is writing. From where I am, I can see that nothing can disturb him. He is inside his writing, inside himself. His eyes are turned inwards, and only look out for the purpose of writing. The sky could fall, or there could be a hold-up, and he wouldn't notice.
I wish I could reach that quality of concentration. That perfect focus. I wish I could write.
My job requires me to focus too, so I don't mess up orders or what not. But I am just a waitress. His waitress.
Lookiing at him - the writer - from afar, and never daring to approach him or talk to him. I wait for him every day, and spend every free second watching him, but he never notices. He is blind to me. He comes here everyday to write, not to befriend a waitress, no matter how much she admires him.
*Sigh*
In another life maybe.



Il fait froid maintenant. Cela fait deux heures que j'écris. C'est vrai que c'est beau, dehors, pour écrire. Surtout au printemps. Quoique, j'ai déjà essuyé deux averses. Heureusement que certains bancs sont protégés. C'est bien les arrêts de bus quand même.
La vérité, c'est que je ne sais pas où aller. Le propriétaire m'a mis dehors, et j'ai laissé mes affaires chez une copine en attendant de trouver une solution. Je ne peux pas dormir chez elle. Enfin si vraiment je n'ai aucune autre option elle me laissera dormir par terre sur un coin de moquette, histoire que je ne passe pas la nuit dans la rue.
Je n'ai pas l'argent pour prendre un hotel ou un gite, et j'ai à peine l'argent pour manger dehors à part peut-être un kebab. Cela fait deux heures que les gens me dévisagent, montant ou descendant du bus, ou attendant à côté de moi. Ils pensent peut-être que je suis un artiste, ou un paumé, eux qui ont l'air si chics et si pressés avec leurs parapluies et serviettes de cuir. De toute façon, je pense que pour eux, un artiste et un paumé, c'est la même chose.
Cela fait deux heures que je devrais arpenter la ville pour trouver une solution. Mais quelle solution y a-t-il? C'est samedi, impossible de trouver une assistante soiale et je ne sais pas où sont les foyers d'accueil. La mairie est fermée et j'ai envie de pleurer. Parce que je ne vois pas comment ma situation va s'améliorer. Pas de boulot, pas pu payer le loyer depuis six mois. J'en cherche, hein, du boulot. Faut pas croire. Mais je suis soit trop qualifié, soit pas assez, soit pas dans la bonne branche. Mes copains en ont marre de me prêter de l'argent, et la plupart sont fauchés aussi. Je ne sais pas comment faire.
J'ai pas envie de lâcher. C'est quand même bien la vie. J'ai pas envie de mourir. J'ai 27 ans après tout. Ca devrait être la plus belle période de ma vie. Mouais. En fait c'est la pire. Enfin j'espère parce que je vois pas où je pourrais dégringoler plus bas.
Heureusement, j'ai un bon instinct de survie.

Publié dans Ecriture

Commenter cet article