Rose part 2 / Gilles 2ème partie

Publié le par miss link

Rose part 2

 

The meeting with Father Cleary was a waste of time, she decided. Those old women just kept talking for the sake of talking, forgetting completely the agenda, and getting side tracked into personal matters. Those crones took everything so lightly. But it was serious! Creating a charity event for the parish was important, and needed work! Not mindless chatter. Rose was also very upset that Father Cleary had not been able to manage that meeting better. He seemed to agree wholeheartedly with all those old gossips and let himself be steered away from the matter at hand. But she was a busy woman, and did not appreciate having her time wasted like that.

She trotted away to Barbara's house for lunch. She liked Barbara. A no-nonsense 70 year old, still busy and straight as a die. The two women ate a salad with hummus and wholemeal bread, and chatted away for an hour. Rose was happy to vent over and over again about the disastrous meeting of the morning, and her friend lent a compassionate ear, until he felt like it was too much, and said so.

“Move on Rose”, she said. “You know how these things work. Those ladies are there as much for company, to spend a bit of time talking with people, as to organize the actual event. You know them, they are lonely. Most of them don't have children who call or visit them at all! You are lucky with Philip, you know. He is a good boy.”

Rose protested a bit, but knew it was true. That reminded her that she wanted to call Philip.

She said goodbye to Barbara, and rushed home to call his landline. She knew he was having a hard time since his wife left him and he lost his job. She was worried about him.

The phone rang and rang. No answer.

“Hi Philip it's mum. I just wanted to see how you were. Call me back when you get this!”

 


 

Gilles 2ème partie

 

« Bonjour Lucie »

« Bonjour Gilles. Comment ça va? Et la famille? »

Il se rendit compte que sa question était plus rhétorique que sincère. Un peu comme le « How do you do » anglais appelle un autre « How do you do » mais en aucun cas une vraie réponse. Mais il avait besoin de parler. Elle était là. Alors au risque de la choquer, il répondit en vrai, et non pas avec un sourire mielleux disant tout va pour le mieux quand on est au bord du suicide.

Pas qu'il était au bord du suicide, non. Son instinct de survie était bien trop puissant pour le laisser contempler de telles avenues. Mais ça n'allait pas. Ça non.

Alors il parla avec Lucie. Il vit son visage choqué, se vidant un peu de ses couleurs, ses mains un peu tremblantes tandis qu'elle se versait son café, et son désarroi devant la situation. Il était assez clair qu'elle ne s'était jamais retrouvée à écouter quelqu'un qui avait des problèmes avant. Il pensa quelques instants à la vie qu'elle avait dû avoir jusqu'ici, bien protégée, venant d'une famille aisée, n'ayant jamais eu à souffrir ou à se battre vraiment pour ce qu'elle voulait. Et surtout ne s'étant jamais engagée de façon émotionnelle avec qui que ce soit. Une enfant en quelque sorte. Avec une aura de femme d'affaire puissante et respectée, mais une enfant quand même.

Il sourit tristement en se demandant si cette conversation allait la faire changer. Il décida de continuer quand même, et fut surpris de sa réaction. Elle lui proposait d'aller prendre un petit déjeuner au café! Au milieu des heures de travail. Ce n'était pas dans son tempérament sérieux habituel. Il accepta sans hésitation. Et il lui raconta tout. Sa fille, 16 ans, anorexique, il ne savait même pas depuis quand. Sa femme qui avait un amant et qui voulait le quitter. L'échec que tout cela représentait pour lui. Comment il se détestait d'avoir pu se plonger dans le travail autant et d'avoir oublié ce qui importait vraiment.

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