Entrance / Entrée

Publié le par miss link

When she entered the room, everyone turned around to look at her, and stopped talking. She wondered what was going on. Was there some dirt on her face? Had she forgotten to comb her hair? Was she wearing pajamas or slippers by mistake?
It felt like one of those dreams where you get into school or the office, and realize you are naked, or in pajamas.
But no. Everything looked normal. She spotted a mirror across the room, and by the time she got there to check if she looked alright, the whole chatter had started again and no one was paying attention to her anymore. Yet it wasn't the first time this was happening. She had already experienced similar situations when she arrived at a party, an exhibition opening or a premiere. Dammit.
Was she weird or something?
Stephen Smit, her strange colleague, came to her at that point.
"Gee, did you see that?"
"What?", she answered in a dry tone.
"You do know how to make an entrance, don't you?"
The mocking intonation she felt in his voice annoyed her highly.
"I have no idea what you mean"
"Ah come on. No one can pretend they don't know you are in a room. Charisma, it's called."
She didn't answer. She had never imagined it could be something positive. She sighed with relief, and asked: "Anywhere I could get something to drink?"
Stephen took her by the arm, and led her gently to the buffet.
As he got a glass of champagne for her, she smiled and thought things weren't that bad, really.




Il détestait entrer dans un endroit public. Encore plus entrer seul dans un endroit public.
Les regards qui se tournent automatiquement vers la porte qui s'ouvre le mettaient mal à l'aise, et il se sentait rougir à chaque fois, comme s'il était pris en flagrant délit de quelque chose qu'il ne pouvait pas avoir fait.
Mais il fallait bien qu'il entre. Il avait un rendez-vous professionel extrêmement important, avec un investisseur qui pourrait bien changer le cours de sa carrière et de sa vie. Il arriva devant le restaurant où il avait rendez-vous une trentaine de minute à l'avance. Il pleuvait, et l'air était froid et humide.
Il serra son pardessus contre lui, et sortit de sa poche son paquet de cigarettes. Il en sortit une, qu'il essaya laborieusement d'allumer contre le vent et la pluie. Il aspira une bouffée comme si sa vie en dépendait. Il garda la cigarette au coin de ses lèvres, et se frotta les mains l'une contre l'autre dans une vaine tentative de se réchauffer.
La porte d'entrée était en bois, avec quatre carreaux de verre jaune orangé vaguement translucides. Elle était surmontée d'un petit auvent en demi-cercle sous lequel il tentait d'éviter la pluie. Un couple d'une quarantaine d'années monta d'un pas rapide les marches de l'escalier, le bousculant un peu pour pousser la porte et entrer se mettre à l'abri. Ils se tenaient la main, et il les entendit rire joyeusement en entrant. Il se demanda s'ils étaient légitimes, ou bien si l'homme avait invité sa maitresse pour une escapade gourmande.
Une fois sa cigarette éteinte, il restait bien vingt minutes avant l'heure de son rendez-vous, et il se demanda s'il allait se balader un peu aux alentours pour arriver pile à l'heure, mais le froid et la pluie eurent raison de sa phobie.
Il poussa timidement la porte, et se retrouva dans un couloir éclairé d'une lumière jaunatre un peu blafarde. Personne pour le voir entrer. Il poussa un soupir de soulagement et avança jusqu'au bar, où il commanda un apéritif pour attendre l'heure où son investisseur le rejoindrait.

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