Random themes / thèmes au hasard

Publié le par miss link

Bon ben hier, pas de connection internet donc pas de blog. Aujourd'hui je commence en français, histoire de voir la différence.

Fragment de miroir brisé

Elle me regarde l'air étonné. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ou dire?
Rapidement sa moue change pour exprimer tour à tour l'incompréhension, puis ce que j'interprète comme de la colère. Finalement son visage se ferme. Son regard devient dur et je n'arrive plus à lire en elle. Elle me fixe simplement, l'air absent. Ses yeux bleus sont devenus gris souris.
Elle n'est plus là.
Je la regarde. Je ne la lâche pas, au cas où son expression changerait à nouveau. Mais non. Elle reste dure et me renvoie à toutes mes anciennes blessures. J'étouffe.
Je me lève et vais au buffet me resservir. Je croise Christelle qui me demande des nouvelles de mon boulot. J'élude habilement la question, juste pas envie de parler, et lui demande comment va son mari. La question est cruelle mais je ne m'en rends compte qu'après l'avoir posée. Son mari est en phase terminale d'un cancer des os, et il va de plus en plus mal. Elle tente un sourire un peu pathétique, je la sens ravaler ses larmes, et elle me répond un "on fait aller" qui me brise le coeur et me fait me maudire intérieurement de mon absence de tact.
Je me deteste. Je me rends même pas compte du mal que je fais.
Je retourne vers Vanessa. La musique se fait plus forte. Les lumières ont été tamisées depuis tout à l'heure. Je ne trouve plus Vanessa. Elle n'est plus sur le canapé où elle était.
Mon coeur s'accélère. J'ai chaud. Des gouttes de sueur froide coulent le long de mes tempes.
Je sors. Le balcon est plein de fumeurs, ou de noceurs au stade où prendre l'air est la seule alternative à la nausée.
Elle n'est pas là.
Je retourne à l'intérieur de l'appartement. Quelques couples enlacés dansent, en toute intimité. Je regarde derrière la piste de danse, où un bar a été aménagé pour la soirée, et un éclair traverse la trajectoire de mon regard.
Elle est là. C'est elle qui danse avec Serge.
Je sens mon coeur arrêter de battre un instant. Je me rapproche, histoire d'être sûr. Oui c'est elle. Son visage penché est doucement posé sur l'épaule de Serge qui lui murmure quelquechose à l'oreille. Pas d'équivoque dans la position.
Un étau enserre ma poitrine. Il faut que je sorte.
Pourquoi ne dit-elle jamais rien?


OK now to the English text. I'd like to write something a bit lighter.

I saw it. She has a ring in the shape of a snake. It's so weird. I wonder what it means.
I also saw her necklace. It looks like some kind of symbol but I couldn't make anything of it. It's not a witchy or Pagan symbol I know, it's not a Buddhist symbol either. It's as if she had designed it herself to follow the shape of her soul.
I am intrigued. But I don't know how to approach her.
She sits in the metro most mornings when I go to work, and most evenings when I come back. She always wears black, but doesn't quite look like she wants to belong to the gothic tribe. She is a bit different. A bit older too, maybe 35 or so.
I ask myself every morning how I could approach her, and every morning my station comes up before I have found a way.
She stops after me, and I am tempted to follow her one morning to see where she stops, what she does. But that would be stalking. I still have some kind of moral boundary that prevents me from doing it.
I have the feeling that today, curiosity is going to be stronger than morals.
Yes I think I will follow her today. Here comes my stop. No, I won't get out here. Too bad I'll be late for work. I don't care.
OK so the next station comes, she stays in. It looks like she is making herself more comfortable even. Hmmm... This might take a while. OK we are five stops further now, and she has fallen asleep. I am getting nervous. What if I am mad? What if I was going to get fired because I am late at work? The economy is not that great that I could afford that at the moment!! Oh, and this metro line is really long, I could be really really late if she gets out at the end of it.
Dammit. I don't have the courage to do it. I'll get out at the next station, and take the line back to my work.
Oh I feel like such a coward. Dammit!!!

Publié dans Ecriture

Commenter cet article